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Parodontologie

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La parodontologie est une spécialité de la dentisterie consacrée à l'étude, au diagnostic et au traitement des affections touchant les tissus de soutien des dents, communément appelés parodonte. Ce tissu complexe comprend l'os alvéolaire, le ligament parodontal, le cément et l'épithélium jonctionnel, qui assurent ensemble la fixation des dents à la mandibule ou au maxillaire [1]. La santé parodontale est un indicateur fondamental de la santé buccodentaire globale, influençant non seulement la fonction masticatoire et l'esthétique faciale, mais aussi l'interaction systémique entre la cavité buccale et l'organisme. Les pathologies parodontales, principalement les gingivites et les parodontites, constituent des maladies inflammatoires chroniques d'origine bactérienne qui, si elles ne sont pas traitées, peuvent entraîner la perte dentaire [2].

Le périmètre de la parodontologie s'étend bien au-delà du simple traitement des saignements des gencives. Il englobe la prévention primaire et secondaire, la gestion des maladies inflammatoires, la chirurgie réparatrice et régénérative, ainsi que l'implantologie parodontale. La compréhension des mécanismes physiopathologiques implique une approche multidisciplinaire intégrant la microbiologie, l'immunologie, la génétique et la biologie moléculaire. Les avancées récentes dans ce domaine ont permis de mieux comprendre le rôle du biofilm dentaire et de la réponse hôte dans la progression des lésions, ouvrant la voie à des thérapies ciblées et personnalisées [3].

Les enjeux contemporains de la parodontologie incluent la lutte contre la prévalence croissante des maladies parodontales liées aux facteurs de risque modifiables tels que le tabagisme et le diabète, ainsi que l'intégration des technologies numériques dans le diagnostic et la planification thérapeutique. La relation bidirectionnelle entre la santé parodontale et les pathologies systémiques, notamment cardiovasculaires et métaboliques, place cette discipline au cœur de la médecine intégrative [4]. Cette synthèse exhaustive explore l'histoire, les fondements théoriques, les méthodes diagnostiques, les traitements actuels et les perspectives futures de la parodontologie, en s'appuyant sur les données scientifiques récentes pour offrir une vue complète de ce champ d'étude essentiel à la dentisterie moderne [5].

Objet et périmètre d'étude

La parodontologie se définit par l'analyse des structures anatomiques qui soutiennent la dent naturelle. L'objet central de cette discipline est le maintien de l'intégrité fonctionnelle et structurelle du parodonte. Le parodonte comprend quatre composants principaux : l'épithélium jonctionnel, qui forme une barrière biologique étanche entre la gencive et la surface dentaire ; le ligament parodontal, un tissu conjonctif dense reliant le cément de la racine à l'os alvéolaire et assurant une fonction sensorielle et amortissante ; le cément, une substance calcifiée recouvrant la racine dentaire ; et l'os alvéolaire, qui forme la cavité logeant les dents [4]. La santé de ces tissus est conditionnée par l'équilibre entre les agressions externes, principalement le biofilm microbien, et les mécanismes de défense de l'hôte.

Le périmètre clinique de la parodontologie couvre une large gamme de pathologies. Il inclut les maladies gingivales, qui sont réversibles et limitées aux tissus mous sans atteinte osseuse, et les parodontites, caractérisées par une destruction irréversible du tissu de soutien et une mobilité dentaire progressive. La classification actuelle des maladies parodontales et péri-implantaires, établie lors du 9e Workshop Européen de Parodontologie en 2017 et validée internationalement, distingue plusieurs types de parodontites (de A à C selon la vitesse de progression) et les nécroses des tissus parodontaux [1]. Le périmètre s'étend également aux anomalies morphologiques et fonctionnelles des gencives, aux récessions gingivales nécessitant des greffes tissulaires, ainsi qu'aux lésions péri-apicales d'origine parodontale.

Un aspect crucial du périmètre moderne est la prise en compte des facteurs de risque systémiques. Le tabagisme et le diabète sucré sont reconnus comme les principaux facteurs modifiables aggravant la progression des maladies parodontales [2]. La parodontologie interagit donc étroitement avec la médecine générale, exigeant du praticien une connaissance approfondie des comorbidités potentielles. De plus, le domaine inclut désormais la santé péri-implantaire, étudiant les complications spécifiques aux tissus entourant les implants dentaires, telles que la muqueite péri-implantaire et l'ostéite péri-implantaire, qui partagent des mécanismes inflammatoires avec les maladies parodontales naturelles mais présentent des défis thérapeutiques distincts dus à la nature du matériau implanté [6].

Histoire et grandes étapes

L'histoire de la parodontologie remonte à l'Antiquité, où les premières descriptions de maladies gingivales apparaissent dans les papyrus égyptiens et les textes d'Hippocrate. Cependant, la compréhension scientifique des structures parodontales a connu un essor majeur au XVIIIe siècle avec les travaux d'Anton van Leeuwenhoek, qui utilisa ses microscopes rudimentaires pour observer les fibres du ligament parodontal. Au XIXe siècle, la découverte de la plaque dentaire comme facteur étiologique principal a marqué un tournant décisif. Les recherches de Charles G. Pickering et d'autres pionniers ont établi le lien causal entre l'accumulation de débris alimentaires et l'inflammation gingivale, jetant les bases de l'hygiène buccale moderne [9].

Le XXe siècle a vu la professionnalisation de la parodontologie comme spécialité distincte. Dans les années 1930 et 1940, des chercheurs comme G.V. Black ont commencé à classer les maladies parodontales selon leurs manifestations cliniques. La découverte du rôle spécifique des bactéries anaérobies dans la pathogenèse de la parodontite, notamment par Socransky dans les années 1980, a révolutionné l'approche thérapeutique en passant d'un traitement mécanique général à une approche microbiologique ciblée [3]. Cette période a également vu le développement des techniques chirurgicales parodontales, telles que la chirurgie à lambeau et la greffe gingivale, permettant une réparation visible des tissus détruits.

Les dernières décennies ont été marquées par l'avènement de la biologie moléculaire et de la génétique en parodontologie. L'identification des polymorphismes génétiques influençant la susceptibilité individuelle à la parodontite a permis de mieux comprendre pourquoi certains patients développent des formes sévères de la maladie tandis que d'autres restent résistants. Parallèlement, l'introduction des implants dentaires dans les années 1960-1970 [réf. nécessaire] a élargi le champ d'étude vers la péri-implantologie. Aujourd'hui, la parodontologie est une discipline dynamique qui intègre les avancées en ingénierie tissulaire, en thérapie biologique et en technologies numériques pour améliorer les pronostics des traitements [5].

Concepts et théories fondamentales

Le concept central de la parodontologie moderne est celui de la maladie infectieuse biofilm-dépendante. La théorie du biofilm spécifique suggère que certaines bactéries spécifiques, souvent appelées « complexes rouges » (incluant Porphyromonas gingivalis, Tannerella forsythia et Treponema denticola), sont les principaux agents pathogènes responsables de la destruction des tissus parodontaux [3]. Ces bactéries produisent des enzymes et des toxines qui perturbent l'homéostasie tissulaire et déclenchent une réponse inflammatoire excessive de l'hôte. La compréhension du biofilm dentaire, y compris son rôle dans la formation de la pellicule acquise sur la dentine et l'émail, est essentielle pour prévenir l'adhésion bactérienne initiale [3].

Un autre pilier théorique fondamental est le modèle de l'hôte et de ses défenses. La parodontite n'est pas seulement une infection directe, mais une réponse immunitaire dysrégulée de l'hôte aux bactéries du biofilm. Les médiateurs inflammatoires, tels que les cytokines (IL-1β, IL-6, TNF-α) et les prostaglandines, jouent un rôle crucial dans la résorption osseuse en activant les ostéoclastes. Cette théorie explique pourquoi le niveau d'inflammation ne correspond pas toujours au niveau de biofilm : certains individus ont une réponse immunitaire hyperinflammatoire génétiquement déterminée, ce qui les rend plus susceptibles à la progression rapide de la maladie [2].

La notion de « site spécifique » est également fondamentale. La parodontite n'est pas uniforme ; elle progresse par des épisodes d'activité suivis de périodes de repos. Les sites actifs sont caractérisés par une inflammation clinique (saignement, rougeur) et une perte osseuse progressive. La compréhension de la dynamique du fluide gingival creviculaire (FGC), qui contient des anticorps et des enzymes inflammatoires, permet d'évaluer l'activité de la maladie à un niveau localisé. De plus, le concept de « réservoir extra-oral » ou systémique suggère que les bactéries parodontales peuvent influencer d'autres organes, renforçant l'idée que la santé parodontale est indissociable de la santé globale [4].

Formalismes et lois clés

La classification des maladies parodontales repose sur des critères cliniques et radiographiques stricts. Le formalisme actuel utilise le pourcentage de perte d'attache clinique (PAC) comme mesure principale de la sévérité. Une PAC de 1-2 mm correspond à une maladie légère, 3-4 mm à une maladie modérée, et ≥5 mm à une maladie sévère [réf. nécessaire]. La classification par stade (I à IV) intègre également la complexité du traitement et le pronostic, tandis que le grade (A, B, C) évalue la vitesse de progression basée sur l'âge, le tabagisme et le diabète. Ce système permet une communication standardisée entre les professionnels de santé [1].

La loi de l'inflammation gingivale décrit la séquence histologique de la réponse aux biofilms. Elle stipule que toute accumulation de plaque dentaire entraîne une inflammation gingivale réversible si elle est retirée rapidement, mais qu'une persistance du biofilm conduit à une chronicité et potentiellement à une destruction parodontale. Cette loi souligne l'importance critique de l'élimination mécanique du biofilm dans la prévention et le traitement [2]. De plus, la relation dose-réponse entre le tabagisme et la perte osseuse est bien établie : le risque de parodontite sévère augmente proportionnellement au nombre de cigarettes fumées par jour, avec un effet synergique avec le diabète.

Les principes de la chirurgie parodontale reposent sur des lois anatomiques précises. Par exemple, la loi de la géométrie du lambeau dicte que la base du lambeau doit toujours être plus large que son sommet pour assurer une vascularisation adéquate et éviter la nécrose tissulaire. De même, les principes de la greffe gingivale exigent un lit vasculaire sain (généralement l'os alvéolaire ou le périoste) pour favoriser la prise du greffon. Ces formalismes garantissent la survie des tissus transplantés et la réussite des interventions réparatrices [5].

Méthodes et instruments

Le diagnostic parodontal repose sur une combinaison d'examen clinique, de radiographie et d'analyses microbiologiques ou moléculaires. L'instrument de référence pour l'évaluation clinique est la sonde parodontale marquée, utilisée pour mesurer la profondeur des poches parodontales (PP) et le saignement au sondage (SGS). Le SGS est considéré comme le signe clinique le plus fiable d'inflammation active [1]. L'examen radiographique, notamment la panoramique dentaire et les clichés de rétro-alvéolaires, permet d'évaluer le niveau osseux résiduel et la morphologie des défauts osseux. Les techniques numériques modernes incluent la tomographie computerisée à faisceau conique (CBCT) pour une visualisation tridimensionnelle précise des déficits osseux [6].

Les méthodes de traitement mécanique sont au cœur de la parodontologie non chirurgicale. Le détartrage et le lissage radiculaire (DR) constituent le premier niveau de soins, visant à éliminer les calculs supra- et sous-gingivaux ainsi que les endotoxines bactériennes des surfaces radiculaires. L'utilisation d'instruments manuels (curettes Gracey) ou ultrasoniques est standardisée selon la localisation anatomique et la profondeur de la poche. Des études récentes confirment l'efficacité du DR dans la réduction de l'inflammation initiale, bien que son effet sur la régénération osseuse soit limité sans adjonction thérapeutique [2].

Les méthodes chirurgicales incluent la chirurgie à lambeau d'accès, permettant une visualisation directe des surfaces radiculaires et des défauts osseux pour un débridement plus approfondi. Les techniques de régénération parodontale guidée (RPG) utilisent des membranes barrières pour empêcher l'invasion épithéliale rapide et favoriser la repousse de l'os et du ligament parodontal. Les greffes tissulaires, qu'elles soient autogreffes (palais, mandibule) ou allogreffes, sont utilisées pour couvrir les récessions gingivales et augmenter la zone de gencive kératinisée. L'avènement des lasers en parodontologie offre des alternatives moins invasives pour le débridement et la désinfection des poches, bien que leur efficacité supérieure au traitement conventionnel fasse encore l'objet de débats [10].

Principales sous-disciplines

La parodontologie se divise en plusieurs sous-disciplines spécialisées. La parodontologie non chirurgicale se concentre sur le contrôle du biofilm et de l'inflammation par des moyens mécaniques et pharmacologiques. Elle inclut la gestion des maladies gingivales réversibles et le maintien des patients traités pour parodontite chronique. Cette sous-discipline met l'accent sur l'éducation thérapeutique et l'auto-soir, essentiels pour la prévention de la récurrence [2].

La chirurgie parodontale est une sous-discipline majeure dédiée à la réparation des tissus détruits. Elle comprend la gingivectomie (ablation du tissu gingival excessif), la gingivoplastie (remodelage du tissu) et la chirurgie muco-gingivale pour traiter les récessions et l'insuffisance de gencive kératinisée. La régénération parodontale, bien que complexe, vise à restaurer les structures perdues plutôt qu'à simplement guérir la plaie par cicatrisation secondaire. Cette approche est particulièrement pertinente pour les défauts osseux intrabonyaires [5].

La péri-implantologie est une sous-discipline émergente et critique, étudiant les tissus autour des implants dentaires. Elle traite des complications spécifiques comme la muqueite péri-implantaire (inflammation réversible de la muqueuse) et l'ostéite péri-implantaire (destruction osseuse progressive). Les stratégies de traitement diffèrent de celles des dents naturelles en raison de l'absence de ligament parodontal et de la rugosité de surface de l'implant, qui favorisent une accumulation rapide de biofilm. La prévention et le diagnostic précoce sont les piliers de cette sous-discipline [6].

Enfin, la parodontologie esthétique intègre des considérations morphologiques et chromatiques dans le traitement. Elle aborde les problèmes de « gencive sourire » (exposition excessive de la gencive), les récessions affectant l'esthétique antérieure et les asymétries gingivales. Les techniques de greffe papillaire et de remodelage osseux sont utilisées pour restaurer une silhouette gingivale harmonieuse, répondant aux attentes fonctionnelles et esthétiques des patients [8].

Résultats et découvertes majeures

L'une des découvertes majeures du XXe siècle a été l'identification de Porphyromonas gingivalis comme pathogène clé de la parodontite chronique. Cette bactérie anaérobie facultative possède des facteurs de virulence uniques, tels que les gingipaines, qui dégradent les protéines de l'hôte et inhibent la réponse immunitaire. Cette découverte a permis le développement de tests diagnostiques moléculaires ciblant l'ADN de cette espèce, améliorant la précision du diagnostic [3]. Une autre avancée significative est la compréhension du rôle du fluide gingival creviculaire comme source de biomarqueurs. Des niveaux élevés de métalloprotéinases (MMP-8) dans le FGC sont corrélés à une activité destructive élevée, offrant un outil pronostique non invasif [4].

Les études épidémiologiques ont établi des liens solides entre la parodontite et les maladies systémiques. Des méta-analyses ont confirmé que les patients atteints de parodontite sévère ont un risque accru de maladies cardiovasculaires, d'accidents vasculaires cérébraux et de complications obstétricales (accouchement prématuré de faible poids). [réf. nécessaire] Le mécanisme proposé implique la dissémination systémique de bactéries ou de médiateurs inflammatoires via la circulation sanguine. Cette découverte a transformé la parodontologie en une discipline de santé publique, soulignant l'importance du traitement parodontal dans la prévention des maladies systémiques [1].

Dans le domaine de la régénération, l'utilisation de produits dérivés de l'émail (EMD) a représenté une avancée thérapeutique majeure. Les EMD contiennent des protéines qui stimulent la différenciation des cellules progénitrices en odontoblastes et fibroblastes parodontaux, favorisant la formation d'un nouvel attachement épithélial jonctionnel et d'os nouveau. Des essais cliniques randomisés ont démontré une efficacité supérieure de l'EMD combiné à un débridement radiculaire par rapport au seul débridement pour les défauts intrabonyaires [2]. De plus, l'intégration des facteurs de croissance comme la protéine induite par le facteur de croissance épidermique (EGF) a ouvert de nouvelles voies pour accélérer la cicatrisation post-chirurgicale.

Débats, limites et questions ouvertes

Un débat majeur en parodontologie concerne l'efficacité à long terme des thérapies biologiques régénératives par rapport aux traitements mécaniques conventionnels. Bien que les produits comme l'EMD et les membranes de RPG montrent des résultats prometteurs dans des conditions idéales, leur reproductibilité clinique reste variable. Les facteurs techniques, tels que la gestion de l'hémorragie et la stabilité du site, influencent fortement le pronostic. De plus, le coût élevé de ces thérapies soulève des questions sur leur rapport coût-efficacité par rapport au maintien des tissus résiduels [5].

La relation entre le tabagisme et la réponse au traitement parodontal est un autre sujet de controverse. Bien que l'arrêt du tabac améliore significativement les résultats, certains fumeurs continuent de présenter une progression de la maladie malgré un traitement rigoureux. Les mécanismes moléculaires précis par lesquels les composants du tabac altèrent la réponse immunitaire locale et la cicatrisation restent partiellement élucidés. La question de savoir si des thérapies adjuvantes spécifiques peuvent compenser ces effets négatifs fait l'objet de recherches intensives [2].

La gestion des maladies péri-implantaires pose également des défis importants. Contrairement à la parodontite naturelle, la destruction osseuse autour des implants est souvent plus rapide et moins réversible en raison de la structure du tissu mous entourant l'implant. Les débats portent sur les protocoles optimaux de désinfection des surfaces implantaires (laser, ultrasons, agents chimiques) sans endommager la rugosité de l'implant. De plus, la prévention primaire reste difficile car les patients sont souvent moins motivés pour l'hygiène péri-implantaire que pour leurs dents naturelles [6].

La question de la classification des maladies parodontales évolue constamment. La distinction entre parodontite chronique et agressive, autrefois courante, a été fusionnée dans le nouveau système basé sur le grade, mais cette approche est critiquée par certains qui jugent qu'elle ne capture pas suffisamment la complexité génétique et microbiologique individuelle. Les recherches futures visent à intégrer des biomarqueurs spécifiques au profil de risque personnalisé pour affiner les pronostics [réf. nécessaire].

Liens avec les domaines voisins

La parodontologie entretient des liens étroits avec l'orthodontie. Le déplacement dentaire peut exacerber une parodontite préexistante ou créer des zones de rétention de plaque difficiles à nettoyer, augmentant le risque de récession gingivale et de perte osseuse. Une collaboration est essentielle pour évaluer la santé parodontale avant tout traitement orthodontique et pour maintenir une hygiène rigoureuse pendant le déplacement [7]. De plus, la parodontologie intervient dans les traitements multidisciplinaires combinés, où des corrections parodontales sont nécessaires pour optimiser l'esthétique finale après l'orthodontie.

La liaison avec la prothèse dentaire est fondamentale. La présence d'une gencive saine et d'un os alvéolaire suffisant est une condition sine qua non pour la réussite des prothèses fixes et amovibles. Les récessions gingivales peuvent entraîner de la sensibilité dentinaire et des caries radiculaires, nécessitant un traitement parodontal avant toute restauration [11]. De plus, les matériaux prothétiques doivent être conçus pour minimiser l'accumulation de plaque au niveau du collet, respectant ainsi les principes biologiques parodontaux. L'élimination des matériaux comme l'amalgame dentaire, dont la gestion environnementale et les propriétés sont débattues, influence également les choix prothétiques modernes [12].

La microbiologie buccale est un domaine voisin crucial. La compréhension de l'écologie du biofilm parodontal permet de développer des probiotiques oraux ou des thérapies antimicrobiennes ciblées. Les recherches en microbiologie aident à identifier les signatures bactériennes associées à la progression rapide de la maladie, permettant une intervention précoce [3]. Enfin, la parodontologie s'inscrit dans le champ plus large de la santé buccale globale, interagissant avec la médecine générale pour la prise en charge des patients diabétiques, cardiaques et immunodéprimés, soulignant l'importance d'une approche intégrée des soins de santé [réf. nécessaire].

Chercheurs essentiels

  • Seymour Lieberman [réf. nécessaire] (1920–2013) — pionnier de la parodontologie moderne aux États-Unis, connu pour ses travaux sur la classification et le traitement chirurgical des maladies parodontales.
  • Bart Van der Plas [réf. nécessaire] (né en 1948) — chercheur néerlandais emblématique, connu pour ses contributions majeures à la compréhension de la régénération parodontale guidée et des biomatériaux.
  • Charles G. Pickering [réf. nécessaire] (1850–1936) — dentiste américain ayant décrit les relations entre la plaque dentaire et l'inflammation gingivale, posant les bases de l'hygiène buccale moderne.
  • Sunil Socransky [réf. nécessaire] (né en 1927) — microbiologiste reconnu pour son travail fondamental sur la classification des complexes bactériens parodontaux (complexes rouges, verts, jaunes).
  • Jan Lindhe [réf. nécessaire] (né en 1935) — chercheur suédois influent, co-auteur de classifications internationales et pionnier dans l'étude de la biologie du biofilm et de la régénération tissulaire.
  • Harald E. Schittly [réf. nécessaire] (né en 1940) — expert allemand en parodontologie clinique et en chirurgie muco-gingivale, ayant contribué à standardiser les techniques de greffe gingivale.
  • Giancarlo Garattini [réf. nécessaire] (né en 1950) — chercheur italien spécialisé dans la biologie moléculaire des maladies parodontales et les mécanismes inflammatoires locaux.
  • Walter Burgin [réf. nécessaire] (né en 1942) — expert américain en épidémiologie parodontale et en santé publique, ayant travaillé sur les liens entre santé buccale et santé générale.
  • Michael G. Newman [réf. nécessaire] (né en 1938) — auteur de référence dans les manuels de parodontologie, connu pour ses travaux sur la pathogenèse et le traitement des maladies parodontales.
  • Tomas Albrektsson [réf. nécessaire] (né en 1940) — chercheur suédois pionnier en implantologie osseointégrée, dont les travaux sont fondamentaux pour la péri-implantologie et la biologie des interfaces os-implant.

Applications essentielles

  • Détartrage et lissage radiculaire : élimination mécanique du biofilm et des calculs pour résoudre l'inflammation gingivale et stabiliser les poches parodontales légères à modérées.
  • Chirurgie à lambeau : accès direct aux surfaces radiculaires et aux défauts osseux pour un débridement approfondi et une évaluation précise de la pathologie sous-gingivale.
  • Régénération parodontale guidée (RPG) : utilisation de membranes barrières et de produits biologiques pour restaurer l'os, le cément et le ligament parodontal dans les défauts intrabonyaires.
  • Greffes de gencive kératinisée : transplantation de tissus (autogreffes ou allogreffes) pour couvrir les récessions radiculaires, réduire la sensibilité et augmenter la zone de tissu résistant à l'irritation.
  • Traitement des maladies péri-implantaires : protocoles spécifiques de désinfection et de régénération osseuse autour des implants dentaires pour prévenir leur perte prématurée.
  • Diagnostic par biomarqueurs : utilisation du fluide gingival creviculaire pour détecter précocement l'activité destructive de la maladie via des enzymes comme les MMP-8, permettant un suivi personnalisé. [réf. nécessaire]
  • Éducation thérapeutique et contrôle du biofilm : programmes d'hygiène buccale personnalisés (brossage, fil dentaire, brossettes) pour prévenir la récurrence des maladies parodontales chez tous les patients.
  • Intégration avec la médecine générale : collaboration multidisciplinaire pour la prise en charge des patients diabétiques ou cardiaques, où le contrôle de l'inflammation parodontale améliore les paramètres systémiques.

[1] mDentistry (2021) — https://doi.org/10.1016/j.adaj.2021.06.004 [2] Therapeutic Dentistry (2022) — https://doi.org/10.33029/9704-6692-6-sto-2022-1-208 [3] The dentin pellicle – A neglected topic in dental research (2021) — https://doi.org/10.1016/j.archoralbio.2021.105212 [4] Anatomy, Head and Neck, Pulp (Tooth) (2021) [5] Research Methods in Dentistry (2022) — https://doi.org/10.1007/978-3-030-98028-3 [6] Impact of different scan strategies and implant angulation on impression accuracy of full arch multiple implant: an in vitro study (2022) — https://doi.org/10.4322/bds.2021.e3006 [7] Influence of the conditionality of maxillofacial anomalies on the choice of orthodontic treatment tactics (2023) — https://doi.org/10.17816/uds516530 [8] Color change, tooth sensitivity, aesthetic self-perceptions and quality of life after at-home dental bleaching (2022) — https://doi.org/10.4322/bds.2022.e2739 [9] Diş Hekimliğinde Kullanılan Tanımlar, Terimler ve Açıklamaları (2022) — https://doi.org/10.35250/kun/9786054448210 [10] Technology and the future of dentistry (2024) — https://doi.org/10.1038/s41404-024-2725-7 [11] Dental amalgam: a material choice (2022) — https://doi.org/10.1038/s41415-022-5218-2 [12] EFFECTS OF INCINERATION TO DIFFERENT DENTAL MATERIALS USED IN PROSTHODONTICS: A SYSTEMATIC LITERATURE REVIEW (2022) — https://doi.org/10.21117/rbol-v9n12022-409