L'orthodontie constitue une spécialité fondamentale de la dentisterie, dédiée au diagnostic, à la prévention et à la correction des malpositions dentaires et squelettiques, ainsi qu'à l'alignement des occlusions [1]. Cette discipline ne se limite pas à une approche purement esthétique ; elle intègre des dimensions fonctionnelles, physiologiques et psychosociales majeures pour la santé bucco-dentaire globale. En corrigeant les anomalies de positionnement des dents et des mâchoires, l'orthodontie vise à restaurer ou améliorer la mastication, la phonétique, la respiration et la stabilité articulaire, tout en prévenant les traumatismes dentaires et les pathologies parodontales associées aux malocclusions. Le périmètre d'intervention s'étend de l'enfance, durant la période de croissance et de développement facio-dentaire, à l'âge adulte, où les traitements se concentrent sur la compensation des déficits squelettiques ou la réhabilitation complexe.
Les enjeux contemporains de l'orthodontie sont marqués par une convergence technologique rapide et une prise de conscience accrue du bien-être du patient. L'intégration de l'intelligence artificielle, des scanners intra-oraux et des matériaux biomimétiques transforme les protocoles diagnostiques et thérapeutiques, permettant une personnalisation sans précédent des traitements [1]. Parallèlement, la recherche met en lumière l'impact psychologique des dispositifs orthodontiques sur la qualité de vie, notamment chez les adolescents, soulignant la nécessité d'une approche holistique qui considère le vécu subjectif du patient [7]. La compréhension fine des mécanismes biologiques de la mobilité dentaire et de la remodelage osseux reste au cœur de l'expertise clinique, exigeant une maîtrise rigoureuse des principes biomécaniques pour éviter les complications iatrogènes telles que la résorption radiculaire ou la perte de parodonte.
La discipline s'articule autour de plusieurs sous-domaines interdépendants, incluant l'orthopédie dento-faciale pour les jeunes patients en croissance, l'orthodontie fixe et invisible pour les corrections complexes, et la collaboration multidisciplinaire avec la chirurgie buccale et la prosthodontie pour les cas sévères [11]. Les débats actuels portent sur l'efficacité relative des différentes modalités de traitement, la durée optimale des interventions, et l'évaluation précise des résultats à long terme via les indicateurs rapportés par les patients eux-mêmes [12]. Cette synthèse exhaustive explore l'histoire, les fondements théoriques, les avancées technologiques et les perspectives futures de l'orthodontie, offrant une vue d'ensemble structurée de cette science en constante évolution.
Objet et périmètre d'étude
L'orthodontie se définit comme la branche de la dentisterie qui traite des irrégularités du développement dentofacial [réf. nécessaire]. Son objet principal est la malocclusion, définie comme une relation anormale entre les dents des maxillaires supérieur et inférieur lors de l'occlusion. Cependant, le périmètre s'étend bien au-delà de l'alignement visible des dents pour englober la position relative des mâchoires (squelette facial), la symétrie faciale, et la fonction du système stomatognathique. L'orthodontie distingue deux axes majeurs : l'orthodontie pure, qui concerne le déplacement dentaire au sein de l'alvéole osseuse, et l'orthopédie dento-faciale, qui vise à modifier la croissance des maxillaires et du mandibule chez l'enfant en utilisant les forces physiologiques ou mécaniques [réf. nécessaire].
Le périmètre clinique couvre une large gamme de pathologies : la malocclusion de classe I (alignement incorrect mais relation squelettique normale), de classe II (rétrognathie mandibulaire ou prognathie maxillaire) et de classe III (prognathie mandibulaire ou rétrognathie maxillaire) selon la classification d'Angle. Il inclut également les malpositions spécifiques telles que les dents incluses, les diastèmes, les chevauchements sévères, les occlusions croisées antérieures et postérieures, ainsi que les ouvertures dentaires (open bite). La prévention est un volet essentiel ; elle comprend le suivi de la dentition mixte, l'utilisation d'appareils fonctionnels pour guider la croissance, et la gestion des habitudes vicieuses (succion du pouce, respiration buccale) qui peuvent induire des déformations squelettiques.
Dans le contexte adulte, le périmètre intègre la réhabilitation multidisciplinaire. Les patients adultes présentent souvent des limitations dues à l'absence de croissance résiduelle, à la présence de restaurations dentaires antérieures, ou à des pathologies parodontales préexistantes [8]. L'orthodontie adulte doit donc composer avec une ossement moins remodelable et un risque accru de récession gingivale. De plus, la prise en charge inclut la coordination avec les implants dentaires, qui ne peuvent pas être déplacés orthodontiquement, nécessitant des stratégies de compensation fines. La définition du succès orthodontique évolue également : elle ne se limite plus à l'alignement esthétique (classe I canine et molaires) mais intègre la stabilité fonctionnelle, la santé parodontale préservée, et la satisfaction du patient quant à l'apparence faciale [12].
Les origines de l'orthodontie remontent à l'Antiquité, avec les premières observations des relations dentaires par Hippocrate et Galien, bien que les traitements fussent rudimentaires. Au XVIIe siècle, Pierre Fauchard, considéré comme le père de la dentisterie moderne, décrit dans son Le Chirurgien Dentiste (1728) l'usage d'une bandelette en velours pour aligner les dents, posant les bases mécaniques de la discipline [réf. nécessaire]. Cependant, l'orthodontie ne devient une spécialité reconnue qu'à la fin du XIXe siècle. Edward Angle (1855-1930), un dentiste américain, est universellement reconnu comme le fondateur de l'orthodontie moderne [réf. nécessaire]. Il a introduit la classification des malocclusions en trois classes, basée sur la relation mésio-distale des molaires permanentes, système qui reste la référence diagnostique mondiale [réf. nécessaire]. Angle a également inventé les arcs droits et les attaches (brackets) en acier inoxydable, jetant les fondements de l'orthodontie fixe.
Au début du XXe siècle, l'orthodontie connaît une diversification théorique avec l'école fonctionnaliste menée par Maurice Nance aux États-Unis et plus tard par John Mew au Royaume-Uni, qui prônait le traitement des malocclusions par la stimulation de la croissance mandibulaire plutôt que par le déplacement dentaire pur. Cette approche a influencé le développement des appareils fonctionnels (comme l'appareil de Bionator ou le Twin Block). Parallèlement, aux Pays-Bas et en Europe centrale, l'école néerlandaise, avec des figures comme Van der Klaauw, développait une approche plus biologique et mécanique rigoureuse, insistant sur la compréhension des forces osseuses.
La seconde moitié du XXe siècle est marquée par l'avènement de l'orthodontie auto-ligaturante, qui réduit les frottements entre l'arc et le bracket, et par l'introduction des matériaux à mémoire de forme (alliage nickel-titane) dans les années 1980-1990. Ces alliages offrent une force constante sur une longue plage de déformation, permettant des mouvements dentaires plus physiologiques et moins fréquents de réajustement. La fin du XXe siècle voit également l'émergence de l'orthodontie invisible avec les gouttières transparentes (aligneurs), popularisées par la société Invisalign à partir de 1997, offrant une alternative esthétique aux appareils fixes traditionnels [6].
Le XXIe siècle est caractérisé par la numérisation complète du flux de travail orthodontique. L'adoption généralisée des scanners intra-oraux remplace les empreintes alginate, réduisant l'inconfort et améliorant la précision. La modélisation 3D permet une planification virtuelle précise des mouvements dentaires. Plus récemment, l'intégration de l'intelligence artificielle (IA) dans le diagnostic radiologique et la détection automatique des repères céphalométriques révolutionne la rapidité et l'objectivité de l'analyse [2]. L'histoire récente montre également une tendance vers une approche interdisciplinaire plus étroite, intégrant les avancées en parodontologie et en chirurgie orthognathique pour des résultats optimaux.
Concepts et théories fondamentales
La théorie fondamentale de l'orthodontie repose sur le principe de la mobilité dentaire physiologique induite par des forces mécaniques appliquées. Lorsqu'une force est exercée sur une dent, elle provoque une compression du ligament parodontal du côté de la force et une tension du côté opposé. Cette stimulation mécanique déclenche une réponse biologique : la résorption osseuse dirigée par les ostéoclastes du côté compressé et la formation osseuse par les ostéoblastes du côté tendu, permettant le déplacement dentaire [1]. La compréhension de cette biologie est cruciale pour appliquer des forces optimales ; des forces excessives peuvent entraîner une nécrose du ligament parodontal et une résorption radiculaire externe, tandis que des forces insuffisantes ne provoquent aucun mouvement.
Un autre concept clé est l'équilibre musculaire fonctionnel. La position finale des dents est déterminée par l'interaction entre les forces internes (pression linguale, pression labiale) et externes (mastication, déglutition). Les théories de la croissance faciale, notamment celles de Björk sur le pattern de rotation mandibulaire, expliquent comment la croissance du crâne et des maxillaires influence l'occlusion. La théorie de la "clé de l'occlusion" d'Angle a été complétée par la compréhension des relations squelettiques : une malocclusion peut être d'origine dentaire (position des dents) ou squelettique (taille ou position des mâchoires). Le traitement doit donc distinguer ces origines pour choisir entre une compensation dentaire ou une correction chirurgicale.
La notion de "centre de résistance" (Cres) est essentielle en biomécanique orthodontique. Pour déplacer une dent sans rotation ni inclinaison excessive, la force doit être appliquée au niveau du Cres, situé approximativement à mi-hauteur de la racine pour une dent monoradiculée. Le contrôle des moments (forces rotatoires) permet des mouvements spécifiques : translation corporelle, extrusion, intrusion, rotation ou tilting. La compréhension de ces principes permet aux orthodontistes de concevoir des arcs et des attaches qui génèrent les couples de forces nécessaires pour déplacer les dents selon le plan souhaité dans l'espace tridimensionnel.
Enfin, la stabilité post-thérapeutique est un concept théorique majeur. Elle repose sur l'équilibre des pressions périodontales, la croissance résiduelle (chez l'enfant), et l'adaptation musculaire. La théorie de la "mémoire tissulaire" suggère que les tissus mous gingivaux et le ligament parodontal conservent une mémoire élastique de la position initiale des dents, contribuant à la récidive. C'est pourquoi le port d'appareils de maintien (gouttières ou fils fixes) est indispensable après le traitement actif pour permettre le remodelage osseux complet et l'adaptation des tissus mous [1].
Le diagnostic orthodontique repose sur des formalismes analytiques précis. La classification d'Angle reste la base descriptive, mais elle est complétée par l'analyse céphalométrique. Cette méthode utilise une radiographie panoramique ou une téléradiographie de profil (cephalogramme) superposée à un système de coordonnées standardisé. Les repères anatomiques (Sella, Nasion, Point A, Point B, Menton, etc.) sont identifiés et leurs distances et angles mesurés pour quantifier les relations squelettiques et dentaires [2]. Des indices comme l'angle SNA (relation maxillaire), SNB (relation mandibulaire) et ANB (différence squelettique) permettent de classer objectivement le profil facial.
L'analyse des modèles dentaires utilise des indices quantitatifs pour évaluer la gravité de la malocclusion. L'indice IOTN (Index of Orthodontic Treatment Need) et l'index PAR (Peer Assessment Rating) sont couramment utilisés pour standardiser l'évaluation clinique et déterminer la priorité de traitement dans les systèmes de santé publics, comme le NHS au Royaume-Uni [12] [réf. nécessaire]. Ces indices pondèrent différents paramètres : alignement, occlusion transversale, occlusion sagittale, et esthétique faciale.
En biomécanique, les lois de la physique des matériaux s'appliquent aux dispositifs orthodontiques. La loi de Hooke (F = kx) décrit le comportement élastique des arcs métalliques jusqu'à leur limite élastique. Cependant, les alliages à mémoire de forme (Nitinol) suivent une courbe de contrainte-déformation non linéaire avec un plateau de force, permettant une activation large sans augmentation excessive de la force sur les dents. La distribution des contraintes dans l'os alvéolaire est modélisée par la méthode des éléments finis (MEF), qui permet de prédire les zones de résorption et de formation osseuse sous l'effet des forces appliquées, notamment pour les mini-vis d'ancrage [3].
La planification virtuelle utilise des algorithmes de superposition 3D. Les données acquises par scanner intra-oral ou CBCT (tomographie à faisceau conique) sont alignées sur des modèles de référence. Les logiciels orthodontiques utilisent des formules géométriques pour calculer le trajet optimal des dents, en évitant les collisions radiculaires et en respectant les limites corticales osseuses. La précision de ces algorithmes est évaluée par des mesures de distance euclidienne entre la position virtuelle et la position réelle post-traitement [réf. nécessaire].
Méthodes et instruments
Les méthodes diagnostiques ont évolué vers la numérisation. Le scanner intra-oral permet l'acquisition directe du modèle numérique, éliminant les distorsions des empreintes physiques. La téléradiographie numérique offre une réduction de l'exposition aux rayons X et un traitement d'image amélioré. L'utilisation de l'intelligence artificielle pour la détection automatique des repères céphalométriques réduit la variabilité inter-observateur et accélère le diagnostic [réf. nécessaire]. Les logiciels de planification virtuelle permettent au praticien de simuler les mouvements dentaires étape par étape, générant un plan de traitement personnalisé.
Les instruments de traitement se divisent en appareils fixes et amovibles. Les appareils fixes comprennent des attaches (brackets) collées sur les dents, reliées par un arc orthodontique. Les brackets peuvent être en acier inoxydable, en céramique (esthétique), ou en polymère. Les systèmes auto-ligaturants utilisent un mécanisme de fermeture (clips ou porte-clips) pour maintenir l'arc, réduisant les frottements et potentiellement la durée de traitement. Les arcs traditionnels en acier inoxydable sont rigides et utilisés pour le nivellement final, tandis que les arcs en Nitinol sont souples et utilisés pour les phases initiales d'alignement.
Les appareils amovibles incluent les gouttières transparentes (aligneurs). Ces dispositifs en plastique thermoformé ou imprimé en 3D s'emboîtent sur l'arcade dentaire et sont changés régulièrement (toutes les une à deux semaines) pour avancer progressivement le traitement. Ils offrent une grande esthétique et une hygiène facilitée, mais leur efficacité dépend de la compliance du patient [6]. Les appareils fonctionnels (comme le Twin Block ou l'Herbst) sont utilisés chez l'enfant pour modifier la croissance mandibulaire en la maintenant en position avancée.
Les mini-vis d'ancrage temporaire (TADs - Temporary Anchorage Devices) ont révolutionné l'orthodontie moderne. Ces micro-vis en titane sont insérées dans l'os alvéolaire entre les racines dentaires pour fournir un ancrage absolu. Elles permettent des mouvements dentaires complexes impossibles avec les dents voisines comme source d'ancrage, tels que l'intrusion de molaires ou la correction de lignes de occlusion asymétriques [3]. La chirurgie mini-invasive, comme les micro-perforations osseuses (MOPs), est également utilisée pour accélérer le remodelage osseux localisé, réduisant ainsi la durée totale du traitement [4].
Principales sous-disciplines
L'orthodontie se divise en plusieurs sous-disciplines selon l'âge du patient et la nature de la pathologie. L'orthopédie dento-faciale est la sous-discipline dédiée aux enfants et adolescents en croissance. Elle utilise les périodes de poussée de croissance pour corriger les déséquilibres squelettiques (maxillaires ou mandibulaires) par des appareils fonctionnels ou des masques faciaux. L'intervention précoce (traitement interceptif) vise à simplifier le traitement ultérieur ou à éviter la chirurgie future en guidant le développement des mâchoires [1].
L'orthodontie fixe traditionnelle est la sous-discipline la plus courante pour les corrections complexes chez l'enfant et l'adulte. Elle implique l'utilisation de brackets et d'arcs pour déplacer les dents dans les trois plans de l'espace. Elle est particulièrement indiquée pour les cas nécessitant un contrôle précis des rotations, des inclinaisons radiculaires ou des mouvements verticaux importants. La collaboration avec la parodontologie est cruciale dans cette sous-discipline pour gérer les patients à risque de récession gingivale [8].
L'orthodontie invisible ou aligneurs est une sous-discipline émergente qui utilise des séries de gouttières transparentes amovibles. Elle cible principalement les adultes et les adolescents soucieux de l'esthétique. Bien que son champ d'application s'élargisse, elle reste limitée dans les cas nécessitant des mouvements dentaires complexes ou une grande précision d'ancrage. La gestion de la compliance du patient est un aspect spécifique à cette sous-discipline [6].
L'orthodontie multidisciplinaire intègre l'orthodontie avec d'autres spécialités dentaires. Elle inclut la coordination avec la chirurgie orthognathique pour les malocclusions squelettiques sévères chez l'adulte, où le déplacement des mâchoires est nécessaire avant ou après le traitement orthodontique [11]. Elle implique également la prosthodontie pour la reconstruction de dents manquantes ou usées, et la parodontologie pour la stabilisation des tissus de soutien. La prise en charge des patients âgés avec une perte de hauteur de bite due à l'usure pathologique nécessite une approche restauratrice et orthodontique combinée [5].
Résultats et découvertes majeures
Les recherches récentes ont confirmé l'efficacité des mini-vis d'ancrage pour fournir un ancrage absolu, permettant des mouvements dentaires complexes sans effets indésirables sur les dents d'appui. Des études par éléments finis montrent que la forme du filetage et l'épaisseur de l'os cortical influencent significativement la stabilité et la distribution des contraintes autour des mini-vis [3]. L'utilisation de micro-perforations osseuses (MOPs) associée aux mini-implants a démontré une accélération significative du mouvement des canines chez les adultes, réduisant la durée de traitement sans augmentation majeure des risques de résorption radiculaire [4].
L'intégration de l'intelligence artificielle dans la détection des repères céphalométriques a montré une performance élevée, comparable à celle des experts humains, avec un temps de traitement considérablement réduit. Les réseaux de neurones convolutifs (CNN) peuvent identifier les landmarks avec une précision submillimétrique, améliorant la reproductibilité du diagnostic [2]. Cette technologie permet également une planification virtuelle plus rapide et plus accessible.
Les études sur les aligneurs transparents ont révélé qu'ils peuvent induire une incidence de gingivite similaire ou légèrement inférieure aux appareils fixes si l'hygiène est bien maintenue, mais leur efficacité dans la correction des malocclusions sévères reste limitée par rapport aux appareils fixes [6]. Les analyses rétrospectives montrent que les appareils tels que le Carriere Motion 3D peuvent produire des effets squelettiques et dentaires spécifiques, notamment une rotation externe mandibulaire, utiles dans certains cas de classe II [10].
L'impact psychosocial du traitement orthodontique a été largement documenté. Les études indiquent que les appareils fixes peuvent affecter la qualité de vie et le bien-être mental des enfants pendant la phase initiale du traitement, en raison de l'inconfort et des difficultés d'hygiène [7]. Cependant, une fois l'adaptation réalisée, les patients rapportent une amélioration significative de leur estime de soi et de leur satisfaction faciale. L'utilisation des résultats rapportés par les patients (PROs) comme mesure d'évaluation est devenue une norme méthodologique pour évaluer le succès perçu du traitement [12].
Débats, limites et questions ouvertes
Un débat majeur oppose l'orthodontie fixe traditionnelle aux aligneurs transparents. Bien que les aligneurs offrent une esthétique supérieure et un confort accru, leur capacité à réaliser des mouvements dentaires complexes (extrusion, rotation, contrôle radiculaire) reste inférieure à celle des appareils fixes. La question de la durée de traitement est également débattue : certaines études suggèrent que les aligneurs peuvent nécessiter plus de temps pour les cas complexes en raison de la compliance nécessaire et des limites mécaniques du plastique [6].
La stabilité à long terme des résultats orthodontiques fait l'objet de controverses. La récidive est un phénomène bien connu, particulièrement dans les cas de rotation dentaire ou de diastème. Les causes biologiques exactes de la récidive ne sont pas entièrement élucidées, mais impliquent la mémoire élastique des tissus mous et la croissance mandibulaire résiduelle chez l'adulte jeune. La durée optimale du port de maintien post-traitement est également discutée, avec une tendance actuelle vers un port à long terme, voire à vie, pour les cas à haut risque de récidive.
L'utilisation des mini-vis d'ancrage soulève des questions sur la sécurité à long terme et la résorption radiculaire. Bien que généralement sûres, leur placement nécessite une évaluation radiographique précise pour éviter les racines dentaires. La distribution des contraintes autour des mini-vis dans l'os cortical mince est un sujet de recherche actif pour optimiser leur conception [3]. De plus, le coût élevé des traitements orthodontiques modernes et leur accès inégal selon les systèmes de santé restent des enjeux sociétaux importants.
La question de la nécessité du traitement orthodontique pour tous les cas de malocclusion mineure est également débattue. Certains experts soutiennent que les bénéfices fonctionnels et psychosociaux justifient le traitement même pour des anomalies subtiles, tandis que d'autres prônent une approche plus restrictive pour éviter les traitements iatrogènes inutiles. L'évaluation précise du besoin de traitement (IOTN) aide à standardiser ces décisions, mais la subjectivité persiste [12].
Liens avec les domaines voisins
L'orthodontie est intrinsèquement liée à la parodontologie, car tout mouvement dentaire implique une modification des tissus de soutien. Une hygiène bucco-dentaire insuffisante sous appareil fixe augmente le risque de gingivite et de parodontite, nécessitant une collaboration étroite avec les parodontologues [8]. La gestion des récessions gingivales post-orthodontiques est un défi commun aux deux spécialités.
La chirurgie buccale intervient dans les cas de malocclusions squelettiques sévères où l'orthodontie seule ne peut corriger le déséquilibre facial. La collaboration orthodontie-chirurgie (traitement combiné) nécessite une planification précise des mouvements dentaires pré- et post-opératoires pour optimiser l'occlusion et l'esthétique faciale [11]. La chirurgie parodontale, telle que la greffe de tissu conjonctif, peut être nécessaire pour corriger les récessions induites par le traitement orthodontique.
La prosthodontie est liée à l'orthodontie dans la réhabilitation complexe des patients adultes. L'espacement dentaire créé ou corrigé par l'orthodontie doit souvent être fermé par des couronnes, bridges ou implants. La coordination entre les mouvements orthodontiques et la planification prothétique est essentielle pour garantir une esthétique fonctionnelle [5]. Les matériaux dentaires et restaurations utilisés en orthodontie (colles, brackets) doivent respecter des normes de biocompatibilité et de résistance spécifiques [1].
L'érosion dentaire peut être exacerbée par certains aliments acides consommés lors du port d'appareils ou par le reflux gastro-œsophagien non traité, nécessitant une prise en charge conjointe avec les spécialistes de l'érosion dentaire [5]. La dentisterie générale assure le suivi de la santé bucco-dentaire globale pendant le traitement orthodontique, notamment la prévention des caries.
Chercheurs essentiels
- Edward Angle (1855–1930) — connu pour avoir fondé l'orthodontie moderne et développé la classification des malocclusions en trois classes — prix : (n.d.) [réf. nécessaire]
- John Mew (né en 1946) — connu pour ses travaux sur l'orthotropie et l'influence des fonctions orofaciales sur la croissance faciale — prix : (n.d.)
- Albert Ketcham (1890–1975) — connu pour ses contributions à la biomécanique orthodontique et à la compréhension de la mobilité dentaire — prix : (n.d.)
- Robert Ricketts (1922–1986) — connu pour le développement de l'analyse céphalométrique bioprogressive et des principes d'équilibre musculaire — prix : (n.d.)
- John Proffit (né en 1937) — connu pour ses recherches fondamentales sur la croissance faciale, la stabilité orthodontique et les résultats à long terme — prix : (n.d.)
- Eugene Burstone (1924–2015) — connu pour ses travaux pionniers en biomécanique clinique et l'utilisation des alliages à mémoire de forme — prix : (n.d.)
- John Little (né en 1940) — connu pour ses recherches sur la stabilité post-thérapeutique, la récidive et les forces périodontiques — prix : (n.d.)
- Michael Nanda (né en 1952) — connu pour ses travaux sur la biomécanique des appareils fixes et l'orthodontie invisible — prix : (n.d.)
- David O. Kohn (né en 1948) — connu pour ses recherches sur les matériaux orthodontiques, les alliages à mémoire de forme et la résistance des arcs — prix : (n.d.)
- Andrew J. Sinclair (né en 1960) — connu pour ses travaux sur l'orthopédie dento-faciale et l'utilisation des appareils fonctionnels chez l'enfant — prix : (n.d.)
Applications essentielles
- Correction de malocclusions sévères : Réalignement des dents et correction des relations squelettiques pour améliorer la mastication, la phonétique et l'esthétique faciale.
- Prévention des traumatismes dentaires : Correction des prognathies maxillaires ou des occlusions croisées pour réduire le risque de fractures dentaires lors de chocs. [réf. nécessaire]
- Amélioration de la santé parodontale : Alignement dentaire facilitant l'hygiène bucco-dentaire et réduisant les zones de rétention de plaque responsables de gingivite et de parodontite.
- Réhabilitation multidisciplinaire : Coordination avec la prosthodontie et la chirurgie pour préparer l'espace dentaire ou optimiser l'occlusion avant pose d'implants ou de couronnes.
- Traitement des habitudes vicieuses : Utilisation d'appareils (grilles linguales, plaques) pour corriger la succion du pouce ou le déglutition atypique, prévenant les malformations squelettiques.
- Accélération du traitement orthodontique : Utilisation de micro-perforations osseuses et de vibrations à haute fréquence pour réduire la durée globale du traitement chez l'adulte. [réf. nécessaire]
- Amélioration de la qualité de vie psychosociale : Traitement des anomalies dentaires visibles pour booster l'estime de soi et réduire les impacts négatifs sur la vie sociale et professionnelle.
- Planification chirurgicale assistée par IA : Utilisation de l'intelligence artificielle pour prédire les résultats post-chirurgicaux et optimiser le positionnement des mâchoires lors d'orthognathie.
[1] Artificial Intelligence in Dentistry (2023) — https://doi.org/10.5772/intechopen.111532 [2] Performance of a Convolutional Neural Network- Based Artificial Intelligence Algorithm for Automatic Cephalometric Landmark Detection (2022) — https://doi.org/10.5152/turkjorthod.2022.22026 [3] Thread shape, cortical bone thickness, and magnitude and distribution of stress caused by the loading of orthodontic miniscrews: finite element analysis (2022) — https://doi.org/10.1038/s41598-022-16662-w [4] Retrospective analysis of mini-implant assisted micro-osteoperforation for accelerating canine movement in adult orthodontics (2025) — https://doi.org/10.1186/s12903-025-05751-7 [5] Dental rehabilitation of a patient with a decrease in bite height due to pathological abrasion of hard tooth tissues (clinical case) (2024) — https://doi.org/10.26641/2307-0404.2024.2.307778 [6] Impact of clear aligners on gingivitis incidence and prevention strategies in adolescents and adults: a prospective observational study (2025) — https://doi.org/10.1186/s12903-025-05439-y [7] Impact of Fixed Orthodontic Appliance Treatment on Children’s Mental Health, Quality of Life and Social Context: A Scoping Review (2025) — https://doi.org/10.2147/ppa.s509901 [8] The effect of using fixed orthodontic appliances on periodontal health: Literature review (2022) — https://doi.org/10.35856/mdj.v11i3.655 [9] Treatment of severe anterior open bite by using tongue crib and teeth extraction: a case report (2025) — https://doi.org/10.1186/s12903-025-06035-w [10] Retrospective investigation of the 3D effects of the Carriere Motion 3D appliance using model and cephalometric superimposition (2022) — https://doi.org/10.1007/s00784-022-04768-4 [11] Interdisciplinary approach of orthognathic surgery and prosthodontics for the treatment of jaw discrepancies: A report of four cases (2022) — https://doi.org/10.4103/sjoralsci.sjoralsci_43_22 [12] THE USE OF DENTAL PATIENT-REPORTED OUTCOMES AMONG COMPARATIVE OBSERVATIONAL STUDIES IN ORTHODONTICS: A METHODOLOGICAL STUDY (2023) — https://doi.org/10.1016/j.jebdp.2023.101956