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Gestion d'entreprise, management et comptabilité

administration of a commercial enterprise

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La gestion d'entreprise, le management et la comptabilité constituent un champ interdisciplinaire fondamental des sciences sociales dédié à l'administration rationnelle des organisations commerciales et institutionnelles. Ce domaine englobe l'ensemble des processus par lesquels les ressources humaines, financières, matérielles et informationnelles sont planifiées, organisées, dirigées et contrôlées afin d'atteindre des objectifs stratégiques définis. Il repose sur une articulation entre la théorie économique, les sciences de la décision, le droit des affaires et les sciences comportementales, permettant aux dirigeants d'optimiser l'allocation des capitaux, de garantir la conformité réglementaire et de créer de la valeur durable pour l'ensemble des parties prenantes. La discipline s'intéresse tant aux mécanismes micro-économiques qu'aux dynamiques macro-organisationnelles, en intégrant les contraintes de marché, les évolutions technologiques et les impératifs sociétaux contemporains.

Au cœur de ce champ se trouve la recherche d'un équilibre entre efficacité opérationnelle, rentabilité financière et responsabilité institutionnelle. La comptabilité fournit le langage quantitatif indispensable au suivi de la performance, tandis que le management structure les processus décisionnels et coordonne les actions collectives. La gouvernance d'entreprise complète cet édifice en définissant les mécanismes de contrôle, de transparence et de répartition du pouvoir entre actionnaires, conseil d'administration et direction générale. Ensemble, ces composantes forment un écosystème analytique et pratique qui permet aux organisations de naviguer dans des environnements complexes, volatils et interconnectés, tout en préservant leur pérennité et leur légitimité sociale.

Le domaine s'est progressivement affranchi d'une vision strictement comptable et hiérarchique pour intégrer des dimensions comportementales, numériques et éthiques. Les avancées récentes en modélisation financière, en analyse des réseaux organisationnels et en intelligence artificielle ont transformé les pratiques de pilotage et d'audit. Parallèlement, la prise en compte croissante des externalités environnementales et sociales a redéfini les critères de performance et les obligations de reporting. Cette évolution reflète une transformation plus large des sciences sociales, où l'organisation n'est plus considérée comme une simple machine à maximiser le profit, mais comme un système adaptatif inscrit dans un écosystème institutionnel et écologique.

Objet et périmètre d'étude

L'objet central de la gestion d'entreprise, du management et de la comptabilité réside dans l'étude des mécanismes qui permettent aux organisations commerciales et non lucratives d'atteindre leurs missions tout en respectant les contraintes juridiques, économiques et sociales. Le périmètre s'étend de la conception de modèles économiques viables à la mise en œuvre de systèmes de contrôle interne, en passant par l'évaluation des performances financières et opérationnelles. La discipline distingue traditionnellement trois axes complémentaires : le management stratégique, qui définit les orientations à long terme et les avantages concurrentiels ; le management opérationnel, qui organise les processus quotidiens et optimise l'utilisation des ressources ; et la comptabilité, qui mesure, enregistre et communique l'information financière selon des normes rigoureuses. Ces trois dimensions sont indissociables dans la pratique administrative contemporaine.

Le champ intègre également l'étude des structures de gouvernance, c'est-à-dire les règles, procédures et mécanismes par lesquels le pouvoir est exercé, contrôlé et réparti au sein de l'organisation. La gouvernance d'entreprise examine les relations entre actionnaires, conseils d'administration, dirigeants et autres parties prenantes, en analysant comment les conflits d'intérêt sont atténués et comment la transparence est garantie. Parallèlement, la comptabilité financière et la comptabilité de gestion forment le socle informationnel du domaine. La première se conforme aux standards internationaux ou nationaux pour produire des états financiers destinés à des utilisateurs externes, tandis que la seconde fournit aux managers des données analytiques internes pour le pilotage tactique, la fixation des prix, l'analyse des coûts et la planification budgétaire.

Le périmètre s'élargit régulièrement pour inclure les dimensions numériques, éthiques et internationales de l'administration des organisations. La digitalisation des processus comptables et managériaux a donné naissance à des sous-domaines spécialisés en analyse prédictive, en automatisation des contrôles et en reporting intégré. La dimension internationale impose une compréhension des normes comparées, des transferts de prix, de la fiscalité transfrontalière et des stratégies d'expansion multinationale. Enfin, la prise en compte du comportement des consommateurs, des dynamiques de marché et des attentes sociétales élargit le champ vers des approches intégrées de création de valeur, où la performance financière ne peut plus être dissociée de la réputation, de la conformité réglementaire et de l'impact environnemental.

Histoire et grandes étapes

Les fondements théoriques et pratiques du domaine émergent à la fin du dix-neuvième siècle et au début du vingtième siècle, marqués par la révolution industrielle et la nécessité de coordonner des organisations de plus en plus complexes. Frederick Winslow Taylor formalise le management scientifique en 1911, proposant une approche rationnelle de l'organisation du travail fondée sur la mesure des temps, la spécialisation des tâches et l'optimisation des processus. Parallèlement, Henri Fayol développe une théorie administrative centrée sur les fonctions de direction (prévoir, organiser, commander, coordonner, contrôler) et sur les principes hiérarchiques et unitaires de commandement. Ces travaux inaugurent une vision mécaniste de l'entreprise, où l'efficacité repose sur la standardisation et le contrôle centralisé.

La seconde moitié du vingtième siècle voit l'émergence de courants comportementaux et contingents qui remettent en cause le modèle rigide taylorien. Les expériences de Hawthorne dans les années 1920 démontrent l'importance des facteurs psychologiques et sociaux dans la productivité, ouvrant la voie à la théorie des relations humaines. Dans les années 1960 et 1970, la théorie contingente souligne que l'efficacité organisationnelle dépend de l'adéquation entre la structure, l'environnement et la stratégie. La comptabilité évolue également : elle passe d'une fonction purement historique et normative à un outil de pilotage interne, avec le développement de la comptabilité analytique et des systèmes budgétaires flexibles. Les années 1980 marquent un tournant stratégique avec l'essor de l'analyse concurrentielle et de la planification stratégique formelle, tandis que les normes comptables internationales commencent à se standardiser pour faciliter la comparaison transfrontalière.

Le début du vingt-et-unième siècle est caractérisé par une double transformation : la digitalisation massive des processus administratifs et financiers, et l'intégration croissante des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans le reporting et la stratégie. Les crises financières successives ont conduit à un renforcement des cadres réglementaires (lois Sarbanes-Oxley, directives européennes sur le reporting non financier, normes IFRS actualisées). La gestion d'entreprise, du management et de la comptabilité se distingue désormais par une approche systémique, où la performance est mesurée selon des indicateurs multidimensionnels intégrant la création de valeur à long terme, la résilience organisationnelle et la conformité éthique. Les récentes évolutions vers l'industrie 4.0 et 5.0 accentuent cette tendance, en exigeant des professionnels une maîtrise simultanée des outils numériques, des compétences transversales et des principes de durabilité [10].

Concepts et théories fondamentales

La discipline repose sur un corpus théorique dense qui explique le comportement des organisations, les mécanismes de décision et les logiques de performance. La théorie de l'agence constitue l'un des piliers conceptuels majeurs. Elle postule que les actionnaires (principaux) délèguent la gestion à des dirigeants (agents) dont les intérêts peuvent diverger, générant des coûts d'agence. Les mécanismes de gouvernance, tels que les conseils d'administration indépendants, les options sur actions et les audits externes, visent à aligner les incitations et à réduire l'asymétrie d'information. Cette théorie structure une grande partie de la littérature sur la gouvernance d'entreprise et la rémunération des dirigeants [6].

La théorie des ressources et des compétences distinctives, développée dans le cadre de la stratégie concurrentielle, explique la performance organisationnelle par la possession d'actifs rares, précieux et difficilement imitables. Elle met l'accent sur la capacité des firmes à mobiliser, protéger et exploiter leurs capitaux intangibles (brevets, culture organisationnelle, relations clientèles) pour maintenir un avantage concurrentiel durable. Cette approche s'articule avec la théorie des capacités dynamiques, qui insiste sur la capacité de l'organisation à adapter, intégrer et reconfigurer ses compétences face à des environnements changeants. Ces cadres théoriques sont essentiels pour comprendre comment le management stratégique transforme les ressources en performance mesurable [8].

La théorie des parties prenantes élargit le périmètre de la valeur au-delà des seuls actionnaires, en reconnaissant que la légitimité et la pérennité de l'entreprise dépendent de la gestion équilibrée des intérêts des employés, clients, fournisseurs, communautés locales et autorités publiques. Elle fonde les approches contemporaines du reporting intégré et de la responsabilité sociétale des entreprises. Parallèlement, la théorie des coûts de transaction, issue de l'économie industrielle, explique les frontières de l'entreprise en comparant le coût de la coordination interne au coût du marché pour les échanges répétés. Ces concepts s'articulent avec les modèles de comportement organisationnel et de gestion des ressources humaines, où la motivation, la culture d'entreprise et les réseaux informels jouent un rôle déterminant dans l'exécution stratégique [11]. La psychologie organisationnelle complète ces cadres en analysant les biais cognitifs, les dynamiques de groupe et les processus de leadership qui influencent directement la prise de décision managériale [6].

Formalismes et lois clés

Le domaine s'appuie sur des formalismes mathématiques, comptables et stratégiques qui structurent l'analyse et le pilotage des organisations. En comptabilité financière, les principes de base incluent la continuité d'exploitation, le principe d'indépendance des exercices, la prudence, la fidélité de l'image fidèle et la comparabilité. Les états financiers (bilan, compte de résultat, tableau de flux de trésorerie, tableau de variation des capitaux propres) sont construits selon des normes internationales (IFRS) ou nationales (PCG), qui imposent des règles de reconnaissance, d'évaluation et de présentation rigoureuses. La comptabilité de gestion utilise des formalismes analytiques tels que le calcul des coûts complets, la méthode ABC (Activity-Based Costing), les centres de profit et les tableaux de bord prévisionnels, permettant une imputation précise des charges et une évaluation marginale des décisions tactiques [7].

En stratégie et management, plusieurs modèles formels structurent l'analyse concurrentielle et la planification. La matrice BCG classe les unités stratégiques selon leur part de marché relative et le taux de croissance du marché, guidant les décisions d'allocation des investissements. Le modèle des cinq forces de Porter identifie les pressions concurrentielles (menace des nouveaux entrants, pouvoir des fournisseurs, pouvoir des clients, menace des substituts, rivalité interne) pour évaluer l'attractivité sectorielle. Les cadres de performance intégrée, tels que le Balanced Scorecard, formalisent la traduction de la stratégie en indicateurs financiers, clients, processus internes et apprentissage organisationnel, créant un lien causal explicite entre les leviers managériaux et les résultats [6].

Les lois financières et économiques sous-tendant le domaine incluent la théorie du portefeuille moderne (Markowitz), qui formalise le compromis rendement-risque ; la formule de Gordon pour l'évaluation des actions fondée sur les dividendes futurs actualisés ; et les modèles de valorisation par arbitrage (APT) qui décomposent le rendement en facteurs systémiques. En gouvernance, les codes de gouvernement d'entreprise établissent des principes formels sur l'indépendance des administrateurs, la transparence financière, la gestion des risques et la rémunération variable liée à la performance à long terme. Ces formalismes garantissent une cohérence méthodologique entre l'analyse normative, la mesure quantitative et la prise de décision stratégique [8].

Méthodes et instruments

La recherche et la pratique dans ce domaine mobilisent un éventail de méthodes quantitatives, qualitatives et mixtes adaptées à la complexité organisationnelle. Les études empiriques utilisent fréquemment des panels de données financières, des régressions multivariées et des modèles d'équations structurelles pour tester les hypothèses théoriques sur la performance, la gouvernance ou l'impact des systèmes de travail à haute performance [1]. Les méthodes qualitatives incluent les études de cas approfondies, les entretiens semi-directifs avec des dirigeants et les analyses ethnographiques des cultures organisationnelles, permettant de saisir les mécanismes cachés de l'exécution stratégique et des dynamiques de pouvoir. Les expériences en laboratoire ou sur le terrain éclairent les biais décisionnels, la réponse aux incitations financières et l'adoption de nouveaux systèmes d'information [12].

Les instruments managériaux contemporains intègrent des plateformes ERP (Enterprise Resource Planning) qui centralisent les données comptables, logistiques et RH en temps réel, facilitant le contrôle budgétaire et la traçabilité des processus. Les tableaux de bord stratégiques, les logiciels d'analyse prédictive et les outils de modélisation financière permettent aux managers de simuler des scénarios, d'optimiser les flux de trésorerie et d'anticiper les risques opérationnels. Les systèmes d'information géographique (SIG) sont de plus en plus utilisés pour l'analyse de marché, la logistique et la localisation stratégique, tandis que les plateformes de reporting intégré agrègent les données financières et extra-financières selon des standards harmonisés [10].

L'audit constitue un instrument méthodologique fondamental. L'audit externe vérifie la conformité des états financiers aux normes applicables et émet un avis sur leur sincérité, tandis que l'audit interne évalue l'efficacité des contrôles internes, la gestion des risques et le respect des procédures. Les méthodes de due diligence financière, les tests de dépréciation d'actifs et les analyses de cohérence budgétaire complètent cet arsenal. La recherche en management utilise également des techniques de simulation agent-based, des réseaux bayésiens pour la prise de décision sous incertitude et des protocoles de mesure comportementale standardisés, garantissant une rigueur méthodologique comparable à celle des sciences sociales expérimentales [1].

Principales sous-disciplines

Le champ se divise en plusieurs sous-disciplines interdépendantes qui traitent des aspects spécifiques de l'administration des organisations. La stratégie et la gestion constituent le noyau stratégique, étudiant la formulation, la mise en œuvre et l'évaluation des plans à long terme, l'analyse concurrentielle, les fusions-acquisitions et la croissance externe ou interne. Cette sous-discipline est étroitement liée à la gestion des entreprises et au management international, qui examinent les spécificités de l'expansion transfrontalière, la localisation des activités, la gestion des chaînes d'approvisionnement globales et les adaptations culturelles [9].

La comptabilité financière et la comptabilité de gestion forment le socle informationnel. La première se concentre sur la production d'informations fiables pour les investisseurs, les créanciers et les régulateurs, tandis que la seconde fournit aux managers des données analytiques pour le contrôle de gestion, l'analyse des coûts, la fixation des prix et la planification budgétaire. La gouvernance d'entreprise étudie les structures de pouvoir, les mécanismes de contrôle, la rémunération des dirigeants et la transparence financière. Elle s'appuie sur le droit des sociétés, l'économie des organisations et les sciences politiques pour analyser les conflits d'intérêt et les dispositifs de surveillance [7].

La gestion des ressources humaines et le comportement organisationnel traitent de la motivation, du recrutement, de la formation, de la culture d'entreprise et des dynamiques collectives. La gestion opérationnelle et la logistique optimisent les processus de production, la qualité, la maintenance et la supply chain. Le management de l'innovation et de la technologie examine le cycle de vie des produits, la propriété intellectuelle, la transformation numérique et l'adoption des nouvelles architectures organisationnelles [5]. Enfin, l'éthique des affaires et la conformité réglementaire intègrent les normes déontologiques, la lutte contre la fraude, la protection des données et la responsabilité sociétale, garantissant que la performance économique s'inscrit dans un cadre légal et moral acceptable [11].

Résultats et découvertes majeurs

La recherche empirique a produit des résultats robustes sur les déterminants de la performance organisationnelle. Les systèmes de travail à haute performance, caractérisés par la formation continue, l'autonomie décisionnelle, la rémunération variable et le recrutement sélectif, améliorent significativement la flexibilité stratégique et les résultats financiers, notamment lorsque ces systèmes sont soutenus par des réseaux sociaux organisationnels internes forts [1]. Les études longitudinales confirment que la qualité de la gouvernance d'entreprise, mesurée par l'indépendance du conseil, la transparence financière et l'alignement des incitations, réduit les coûts de capital et améliore la résilience lors des crises économiques. La littérature sur le comportement du consommateur démontre que la perception de valeur, la confiance institutionnelle et l'expérience client influencent directement la fidélité et la rentabilité à long terme [3].

Les découvertes en comptabilité révèlent que la qualité du reporting financier, mesurée par la précision des estimations, la réduction des écarts entre normes internationales et locales, et la divulgation proactive des risques, diminue l'asymétrie d'information et améliore l'allocation efficiente des capitaux. Les travaux sur la comptabilité de gestion montrent que les systèmes ABC et les tableaux de bord équilibrés augmentent la pertinence des décisions tactiques en réduisant les distorsions d'imputation des coûts indirects. La recherche en management stratégique identifie les capacités dynamiques, l'apprentissage organisationnel et la culture d'innovation comme des leviers critiques pour maintenir un avantage concurrentiel dans les environnements numériques [8].

Les études récentes sur la transformation numérique confirment que l'intégration des technologies cloud, de l'intelligence artificielle et de l'analyse prédictive dans les processus managériaux améliore la rapidité décisionnelle, réduit les coûts opérationnels et permet une personnalisation accrue de l'offre. La littérature sur la qualité nouvelle souligne l'évolution vers des modèles de gestion proactive de la conformité, où la performance est mesurée par la prévention des risques plutôt que par le contrôle a posteriori [4]. Les travaux sur le travail managérial révèlent que les dirigeants consacrent une part croissante de leur temps à la coordination interfonctionnelle, à la gestion du changement et à la communication stratégique, reflétant une transformation profonde de la nature même de la fonction dirigeante [12].

Débats, limites et questions ouvertes

Le domaine fait l'objet de débats théoriques et pratiques persistants. La tension entre maximisation de la valeur actionnariale et création de valeur pour l'ensemble des parties prenantes reste centrale. Certains courants défendent une approche financière strictement orientée vers le court terme, tandis que d'autres placent la durabilité, la justice sociale et la résilience écologique au cœur du modèle économique. La mesure de la performance intangible (marque, capital humain, réputation, données) pose des défis méthodologiques majeurs, car ces actifs ne sont pas toujours comptabilisés selon les normes traditionnelles, ce qui peut sous-estimer la valeur réelle des organisations modernes.

La digitalisation soulève des questions sur la transparence algorithmique, la protection des données personnelles et la dépendance technologique. Les systèmes automatisés de décision peuvent reproduire des biais structurels ou réduire l'agilité humaine face aux crises imprévisibles. La gouvernance d'entreprise fait face au défi de l'équilibre entre contrôle formel et autonomie opérationnelle : un excès de régulation peut étouffer l'innovation, tandis qu'un déficit de surveillance favorise les abus de pouvoir et les risques systémiques. Les normes comptables internationales, bien que harmonisées, restent sujettes à des interprétations divergentes selon les juridictions, créant des asymétries comparatives et des coûts de conformité élevés pour les PME [10].

Les limites épistémiques du domaine incluent la difficulté à modéliser les comportements humains dans leur complexité contextuelle, la dépendance aux données historiques pour les prévisions stratégiques et la tension entre universalisme théorique et particularisme culturel. Les questions ouvertes portent sur l'intégration des critères climatiques dans les modèles de valorisation, la régulation des plateformes numériques et des marchés dématérialisés, la réinvention du travail managérial face à l'IA générative, et la construction de standards comptables pour les actifs immatériels émergents (données, algorithmes, capital social). La discipline doit également répondre aux exigences de reproductibilité scientifique, de transparence méthodologique et d'impact sociétal mesurable [1].

Liens avec les domaines voisins

La gestion d'entreprise, le management et la comptabilité entretiennent des relations symbiotiques avec de multiples champs disciplinaires. En économie, économétrie et finance, ils partagent des modèles de marché, des théories du comportement rationnel et des outils d'évaluation des actifs. La psychologie fournit les fondements sur les biais cognitifs, la motivation intrinsèque, la prise de décision sous stress et les dynamiques de leadership. Le comportement organisationnel et la gestion des ressources humaines articulent ces apports avec des pratiques de recrutement, de développement des compétences et de conception des postes [6]. Les sciences sociales offrent des cadres pour analyser les institutions, les normes culturelles et les structures de pouvoir qui façonnent les organisations [10].

Le marketing complète cette approche en étudiant la création de valeur perçue, la segmentation des marchés, le positionnement concurrentiel et la relation client, tandis que la gestion du tourisme, des loisirs et de l'hôtellerie adapte ces principes à des secteurs intensifs en expérience et en saisonnalité. La gestion technologique et l'innovation examinent le cycle de développement des produits, la propriété intellectuelle et les modèles de diffusion des technologies émergentes [5]. Les relations industrielles éclairent les négociations collectives, la régulation du travail et l'équilibre des pouvoirs entre directions et représentants du personnel [9]. Les sciences de la décision formalisent les processus d'optimisation, la théorie des jeux et la modélisation probabiliste appliqués aux choix stratégiques [8].

Les arts et humanités contribuent par l'étude des récits organisationnels, de l'éthique appliquée, de la communication stratégique et de la dimension symbolique du management. Les systèmes d'information géographique permettent une analyse spatiale des marchés et des réseaux logistiques, tandis que la comptabilité elle-même sert de langage universel pour la comparaison transfrontalière et la régulation financière [7]. Cette interdisciplinarité structure un champ cohérent mais ouvert, où les frontières sont poreuses et les apports mutuels constants. La gestion d'entreprise, le management et la comptabilité restent ainsi un carrefour analytique essentiel pour comprendre et piloter les organisations contemporaines [11].

Chercheurs essentiels

  • Peter Drucker (1909–2005) — connu pour avoir fondé la théorie moderne du management stratégique et de la gestion par objectifs — prix : (n.d.)
  • Michael Porter (né en 1947) — connu pour le modèle des cinq forces et la théorie de l'avantage concurrentiel — prix Nobel d'économie (2023, co-lauréat)
  • Ronald Coase (1910–2013) — connu pour la théorie des coûts de transaction et la nature de la firme — prix Nobel d'économie (1991)
  • Oliver Williamson (1932–2020) — connu pour le développement de la théorie des coûts de transaction appliquée à l'organisation économique — prix Nobel d'économie (2009)
  • Eugene Fama (né en 1939) — connu pour la théorie des marchés efficients et la valorisation financière — prix Nobel d'économie (2013)
  • Robert Kaplan (né en 1940) — connu pour le Balanced Scorecard et la comptabilité par activités (ABC) — prix : (n.d.)
  • Anthony Atkinson (1940–2017) — connu pour ses travaux sur la comptabilité de gestion, les systèmes budgétaires et l'évaluation des performances organisationnelles — prix : (n.d.)
  • Henri Fayol (1841–1925) — connu pour la théorie administrative classique et les fonctions managériales fondamentales — prix : (n.d.)
  • Frederick Winslow Taylor (1856–1915) — connu pour le management scientifique et l'optimisation des processus de travail — prix : (n.d.)
  • John Kotter (né en 1947) — connu pour ses modèles de leadership transformationnel et de gestion du changement organisationnel — prix : (n.d.)

Applications essentielles

  • Reporting financier et audit externe pour garantir la transparence, la conformité réglementaire et la confiance des investisseurs.
  • Stratégie concurrentielle et analyse sectorielle pour identifier les avantages différenciateurs et orienter les investissements à long terme.
  • Pilotage de la performance par tableaux de bord équilibrés et indicateurs clés (KPI) pour aligner les opérations quotidiennes sur les objectifs stratégiques.
  • Gouvernance d'entreprise et mise en place de comités d'audit, de rémunération et des risques pour sécuriser la prise de décision et limiter les conflits d'intérêt.
  • Optimisation des chaînes d'approvisionnement et gestion logistique pour réduire les coûts, améliorer la réactivité et renforcer la résilience opérationnelle.
  • Comptabilité analytique et contrôle de gestion pour imputer précisément les coûts, fixer les prix et évaluer la rentabilité par produit ou segment.
  • Engagement des parties prenantes et reporting intégré (ESG) pour mesurer l'impact sociétal, environnemental et gouvernance dans la création de valeur.
  • Transformation numérique et déploiement de systèmes ERP pour centraliser les données, automatiser les contrôles et accélérer les processus décisionnels.
  • Gestion des risques internes et conformité réglementaire pour identifier, évaluer et atténuer les menaces financières, opérationnelles et réputationnelles.
  • Développement organisationnel et gestion des talents pour attirer, former et fidéliser les compétences critiques tout en favorisant l'innovation interne.

Références

[1] High-Performance Work System, Strategic Flexibility, and Organizational Performance—The Moderating Role of Social Networks (2021) — https://doi.org/10.3389/fpsyg.2021.670132 [2] Modern Business Management (2025) — https://doi.org/10.1007/978-981-96-0594-1 [3] Comportamiento del consumidor (2024) — https://doi.org/10.12800/cc [4] Qualität neu denken (2023) — https://doi.org/10.1007/978-3-658-40220-4 [5] Management of Software as a Business (2022) — https://doi.org/10.1007/978-3-662-65116-2_2 [6] The Fundamentals of Management (2024) — https://doi.org/10.4324/9781003271222-4 [7] Financial and Managerial Accounting (2023) — https://doi.org/10.1891/9780826144751.0004 [8] Understanding Management (2023) — https://doi.org/10.1007/978-3-658-42673-6_3 [9] Gestión Empresarial: Concepción Legal bajo enfoque del proceso administrativo. Apuntes desde la perspectiva académica. (2023) — https://doi.org/10.55813/egaea.l.2022.43 [10] INDUSTRY 4.0 AND 5.0 – ORGANIZATIONAL AND COMPETENCY CHALLENGES OF ENTERPRISES (2022) — https://doi.org/10.17512/pjms.2022.26.2.13 [11] Stakeholder Management: Framework and Philosophy (2023) — https://doi.org/10.1007/978-3-031-04564-6_3 [12] The Nature of Managerial Work (2024) — https://doi.org/10.1007/978-3-031-52803-3_3